L’histoire d’AUDE SELLY : “quand le travail vous tue.

 

Racontes moi un peu ton histoire.

 

J’ai rencontré Aude au SalonRH à Paris. Une belle rencontre au hasard de la vie. Quand elle a parlé de ce qu’elle a vécu :l’épuisement au travail jusqu’à faire une tentative de suicide, je me suis dit que son histoire pouvait servir à d’autres femmes pour les alerter car de nobmreuses femmes que je vois en accompagnement s’oublient, n’osent pas dire non, et donnent tout dans leur travail pour arriver à des situations similaires d’épuisement au travail. Le témoignage d’Aude peut interpeller de nombreuses femmes qui vivent la même expérience.

Aude : Ce qui est important de savoir, le burn out est un clash entre une personnalité et un contexte de travail

Donc je vais commencer par te parler de ma personnalité. J’ai été elevée par mes grands-parents qui étaient gardiens d’immeuble après être arrivés d’Afrique dans les années 70.

J’avais un modèle de personnes qui travaillaient énormément et une certaine pénibilité au travail et qui gagnaient en fait peu d’argent.

Nous remarquons toujours dans ces portraits de femmes, que leurs croyances se sont mises en place lorsqu’elles étaient jeunes. Elles ont voulu reproduire ou éviter de reproduire des exemples familiaux. Puis, à l’âge adulte à des moments difficiles de leur vie, elles prennent conscience du schéma qu’elles ont voulu mis en place et qui les ont mené à des situations de leur vie difficiles

Je me dis : je ne veux pas vivre ce que mes grands parents ont vécu, et je veux pouvoir me payer tout ce que je veux et la phrase que j’ai en tête est “le travail paye toujours” dans le sens propre comme dans le sens figuré.

Plus tu travailles plus tu gagnes d’argent et plus tu travailles, plus tu es reconnues et plus tu es payée …

Voilà la belle croyance qu’Aude avait voulu suivre. Et je ne pense pas qu’elle soit la seule, n’est ce pas ? Car cette croyance face au travail et à l’argent était une croyance de nombreuses familles de la génération de nos parents. Moi, mes parents m’ont toujours dit cela aussi…. Ce pourquoi je suis devenue une workalcoolic. Et vous, pensez-vous aussi qu’il faut travailler comme des fous pour réussir ?

On me disait : Il faut que tu travailles bien à l’école, ( je recevais des encouragements,  et même des gomettes…) j’étais influencée par cela . Et je me disais “Aude il faut que tu sois parmi les meilleurs” pour pouvoir évoluer et avoir un bon poste et te payer ce que tu veux.

Dés le collège, Aude rentre dans le moule de cette croyance , ce qui lui a aussi amené dans sa vie de belles réussites , tout n’est pas “noir”. Cependant, au cours des années, on verra que cela a été jusqu’à l’excès de suivre  cette croyance.

Au collège, j’étais toujours dans les groupes de tête. En tant qu’élève, il fallait que j’ai un titre qui soit reconnu donc tous les ans, j’ai été déléguée de classe, et jusquà être représentante de mon lycée.

Quand j’étais en 5 ème, Chirac était maire de Paris, et avec ma jumelle on a été reconnu meilleure élève de 5 ème et je me rappelle avoir été sur les genoux de Madame Bernadette Chirac, filmée par la télévision.

Tout cela pour dire, que dès l’enfance, je voulais évoluer pour me faire reconnaître.

Aude a tout à fait conscience du schéma qu’elle a commencé à mettre en place et qui l’a menée ensuite à la destruction de soi.

A 18 ans, je pars de chez mes grands parents et avec ma soeur jumelle on s’assume,

J’ai fais un BTS dans l’environnemental et je travaillais à coté de mes études chez Pizza Hut pour payer mes factures.

Et tout par de là, même à Pizza Hut en tant qu’employée, j’ai évolué et je suis devenue formatrice.

On m’a aussi enseigné La culture de la satisfaction des clients. Cette façon de penser, je l’ai toujours gardée en tête.

En parrallèle, chez Pizza Hut on me propose un poste de responsable alors que je pensais y rester 2 mois.

Je deviens Manager des Ressources Humaines (gestion de la paye, gestion des employés)

Dès que j’étais employée, je me suis rendue compte de “la souffrance au travail”.

Nous étions au smic, quand la personne de la paye oubliait de rembourser les transports, (à ce salaire là, on est à un euro près). Quand je voyais qu’on était capable de mettre un nouvel employé sur les scooters pour aller livrer sans être accompagné, business avant tout, ou même que, parfois, on filait les vêtements usagés, je me disais que ce n’était pas normal. Déjà pour l’image de la société mais surtout que les conditions étaient loin d’être optimales pour une bonne integration!

Promue Assistante Manager, j’apprenais sur le terrain et on pensait à mes formations après. Business first. (chiffre d’affaire avant tout).

1er constat de la souffrance au travail dans sa vie professionnelle.

Puis, une femme est arrivée au sein de l’équipe avec qui je faisais un super binome. Elle me parle d’une formation en Ressources Humaines. Et je me suis dit “c’est cela que je veux faire dans le but d’accompagner les managers.”

Ces moments de vie où on découvre ce pour quoi on a envie de donner un sens à notre métier, et l’évidence qui s’offre à nous. Aude a su trouver sa voie et a suivi son chemin avec détermination.

Quand je demandais d’évoluer en RH, on ne répondait pas à mes attentes et au bout de 5 ans, on m’a clairement fait comprendre qu’il n’y avait aucune possibilité.

Donc je suis partie et j’ai pris le même poste dans une autre entreprise “Natures et Découvertes “et pareil il a fallut que je fasse mes preuves avant qu’on me fasse évoluer.

J’arrive dans le premier magasin de France, on m’intègre Directrice Adjointe mais ce n’est pas ce que je voulais faire, et à chaque entretien annuel, je demandais à évoluer en RH. On me disait toujours la même chose et au bout de 3 ans on me dit “comme tu n’as pas de diplôme on ne peut pas te donner ce poste.”

J’ai toujours essayé de trouver des solutions donc je fais un dossier pour une formation au Fongescif . J’obtiens mon diplôme en 2007. J’ai recommencé à Zéro et comme j’ai fais un stage chez Adecco, et que ça s’était bien passé,on m’a positionnée dans la société Alstom en tant que chargée de l’administration du personnel et je m’investis à fond et au bout d’un an, je n’obtiens pas de CDI.

Depuis mon expérience professionnelle chez Pizza Hut, mon objectif était d’accéder un poste de responsable RH opérationnel.

La direction d’Adecco Expert avec laquelle j’ai eu la chance de mon souhait de carrière, me propose un poste pour faire de la paye. Comme c’était l’été et que c’était calme, j’accepte et je me retrouve seule pour le poste chez Lagardère en tant que Gestionnaire de paye. Et en novembre 2008 , j’étais dans mon bureau et la responsable d’Adecco me dit “c’est bon je t’ai trouvé le travail de tes rêves”.

Une des caractéristiques des personnes qui font un burn out , ce sont des personnes passionnées par leur travail. Ce sont toujours des personnes qui donnent beaucoup dans leur travail, c’est une de leur priorité et ce sont des gros bosseurs.

Je réalise mon rêve et intègre un poste responsable RH retail chez un équipementier sportif reconnu mondialement. Le poste de mes rêves enfin !!

J’ai été intégré sur le plus grand magasin de Paris.

Après 4 entretiens, le DRH me dit : “on n’a pas le droit à l’erreur, tu es la 4ème personne sur le poste il faut que tu sois bonne. “

La veille de ma prise de poste, la responsable m’appelle tard le soir pour me dire “Aude, ça va, tu viens bien demain matin ? Ils comptaient énormément sur moi.

Déjà on ressent la pression de la Direction et la responsabilité sur les épaules de Aude.

Je me suis dit que je suis passionnée et j’ai envie de changer les choses car ils en ont besoin.

La personne avant moi, part du jour au lendemain et je me retrouve seule dès le début.

Dès le départ, il y avait aussi une tension de la part des salariés , “qu’est ce qu’elle fout là, une black au poste de RH”. Je leur ai dit que je n’étais pas là pour remplacer cette personne, mais pour travailler en collaboration avec eux.

On constate que dès le début, la pression est présente sur les épaules d’Aude qui va devoir prouver ce dont elle est capable. Tout le monde l’attend au tournant on dirait. Et cette femme intelligente, pleine de capacités, compétente va tout faire pour prouver qu’ils ont choisi la bonne personne et surtout que je vous rappelle qu’Aude vient d’être recrutée pour le poste qu’elle convoitise depuis 10 ans dans une des sociétés les plus reconnues au Monde.

Je me suis dit : La seule façon de te faire intégrer c’est de ne pas faire d’erreur sur les payes et de récupérer tous les problèmes.

J’ai commencé en novembre 2008 et après 4 heures de formation sur un logiciel très sommaire, j’ai dû me débrouiller pour contrôler les plannings manuellement d’une centaine de salariés donc dès le départ cela a été une prise de tête , j’ai fais au moins 2 nuits blanches, pour comprendre le logiciel et ne pas faire d’erreur.

Au bout de 5-6 mois , j’ai montré mes compétences et je me suis fait reconnaître. Je faisais des nuits blanches, rien que pour la paye. Cela me prenait beaucoup de temps alors que ce n’était qu’une partie de mon travail.

Il y avait aussi le recrutement dans une zone de secteur commercial avec profil de jeunes à temps partiel.

Puis je devais aussi gérer les plannings, puis l’administration du personnel, la gestion des compétences avec les entretiens annuels, (il n’ y avait pas de logiciel, donc tout était à la main, il fallait que je forme les managers), les procedures disciplinaires…

Aude, par passion de son travail et l’envie de se réaliser dans le poste de ses rêves a dû gérer une grande quantité de travail avec des moyens de travail précaires. Mais à ce stade, toute personne ayant une volonté de réussir aurait tout donné pour se faire reconnaître dans son nouveau poste surtout avec une période d’essai de 6 mois. ET là démarre le cauchemar…. et malgré les difficultés, la lutte pour y arriver.

Au sein d’une entreprise, l’entretien annuel est ce qui détruit le climat social dans une entreprise. Il y a une différence entre ce que voit le manager et ce que vit le salarié.

Il y a avait des notes attribuées dans la société. inacceptable /très insuffisant/ satisfaisant /très satisfaisant/ exceptionnel.

Et je te garantis que n’importe qui de passionné et d’investi dans son travail veut avoir la reconnaissance de la note “exceptionnelle”.

Ce type de salarié souhaite vraiment que son responsable lui dise tu es quelqu’un d’exceptionnel. Bravo, tu fais du super boulot.

Et moi vu tout ce que je faisais, je pensais avoir la note “exceptionnelle”, ou au moins, très satisfaisant.

J’avais une surcharge de travail, de nombreuses tâches à traiter, des conditions de travail sommaire, de la pression, j’étais isolée, et pourtant j’ai reçu la 1ère année, j’ai reçu la note “satisfaisant”. C’est à dire qu’on considérait que je faisais juste mon travail. Cette note m’a choquée.

C’est comme les gommettes à l’école…. Au sein d’une entreprise, on met des notes d’inacceptable à exceptionnel … Comment une entreprise peut se permettre de juger ainsi une personne et lui dire comme à un enfant (tu es gentil, tu n’es pas sage, tu n’es pas à la hauteur ……) Vous imaginez comme c’est destructif pour une personne qui a de plus subit la pression de ses parents souvent dès l’enfance pour qu’il soit le plus performant possible. Avec la croyance qu’il faut travailler dur pour être reconnu et avoir de l’argent ….

Si une personne manque d’estime d’elle même, qu’elle fait le maximum et de son mieux pour travailler et tout donner à l’entreprise pour laquelle elle travaille pour avoir la reconnaissance et arrive à l’entretien annuel en étant pas reconnue comme on le souhaiterait, on n’est jamais à la hauteur des managers qui vous mettent une note seulement satisfaisant cela veut dire “peut faire mieux”. Voilà ce qu’Aude a vécu comme des milliers de personnes le vivent au sein d’une entreprise … Alors je me demande Où est la valeur attribuée à l’humain et la valorisation …..

Aude en ayant reçu la note “satisfaisant” pour son travail alors qu’elle faisait des nuits blanches, traitait de nombreuses tâches avec des résultats… a continué à faire le maximum pour faire encore mieux et atteindre la note exceptionnelle qu’elle estimait mériter. La personne qui fait un burn out ressent toujours un grand manque de reconnaissance car elle donne tout ce qu’elle peut et ne reçoit pas en retour ce qu’elle souhaite. On peut se poser la question : Est ce dû à la personne qui attend trop de sa direction ou sa direction qui abuse des capacités du salarié ?

De plus, à mon arrivée, en novembre, j’avais très froid dans le bureau que j’avais et je claquais des dents. Après un mois et demi, j’ai eu le droit à un chauffage electrique . De nombreux outils étaient sommaires et me faisaient perdre du temps comme l’ imprimante qui fonctionnait mal. Il n’y avait pas de service technique . donc je me débrouillais seule pour tout.

Qu’est ce qui a fait que tu as continué à subir ? 

Est ce que tu as continué à être dans la performance ou tu t’es dit cela ne commence à ne pas aller et je vais poser mes limites ?

Cela ne m’a jamais traversé l’esprit de poser mes limites, cela faisait 10 ans que j’attendais ce job.

J’adorais mon travail, je me sentais utile, et j’avais la sécurité financière. Et ce qui fait que je suis restée.

 Aude se disait c’est le job dont je rêvais, je l’ai alors “ne te plains pas et fais encore mieux “. Ce qui est normal.

A chaque fois, les personnes qui font un burn out , sont des personnes passionnées par leur travail, qui ont une grande capacité de travail, des personnes qui donnent tout dans leur job afin de se montrer à la hauteur de leurs compétences. De plus, s’ajoutent à cela des critères non négligeables comme la sécurité financière et le besoin de reconnaissance.  Pourtant des signes sont là ..

Est ce que c’était la reconnaissance ou la sécurité financière pour toi le plus important ?

Moi j’attendais cette reconnaissance.

Ma période d’essai était de 6 mois. Au bout de 6 mois, j’ai eu une névralgie.Voici les signaux du stress qui commençaient à apparaître et sans que je ne fasse la rapprochement avec mes conditions de travail.

En 2009 je pars en vacances le 14 juillet, le 13 juillet je fais une nuit blanche pour être à jour pour les payes avant de partir et je prenais toujours les vacances en fonction de la paye.

Aude comme nombre d’entre nous, travaille pour leur entreprise comme si c’était la leur et font de leur mieux pour bien realiser leur job par plaisir.

Tout cela cumulé, plus les années passaient, plus c’était difficile physiquement.

Mais je voulais évoluer au sein de cette société et devenir Responsible RH France.

De plus, j’étais isolée, et comme je faisais mon job et qu’ils n’avaient rien à me reprocher, je ne voyais jamais la direction.

En fevrier 2011, La Responsable RH France est licenciée, alors qu’elle est enceinte. Comme c’est moi qui travaillait avec elle avec les perspectives de reprendre son poste, pour moi, c’était logique de lui succéder quitte à être accompagnée sur certains points.

Surprise !  C’est un jeune de 25 ans qui avait été vendeur qui est nommé au poste. Le maître mot de cette nomination ? le piston!

C’est le moment clé qui a démolit le sens du travail, le sens de la reconnaissance de mon travail, et je me suis donc comparé à lui , et je me suis dit je suis qu’une “merde”.Je ne suis pas compétente puisque je ne suis pas nommée.

Les évènements se cumulent, l’isolement, le stress, la pression, les signes des maux du corps. Et imaginez-vous ce qu’Aude a bien pu  commencé à se dire “je suis nulle etc…” je dois faire encore mieux, tu ne vaux rien puisque tu n’as pas eu le poste… Mécanisme feminin malheureusement très souvent reproduit par de nombreuses femmes, qui se remettent en question, culpabilisent et se dénigrent. C’est un manque d’estime de soi, un manque totale de confiance en soi qui est renforcé et devient très dangereux pour soi même.

Je dis tout de même au DRH Europe que je ne comprends pas sa décision et il me nomme RH de tous les magasins de Paris.

Le jeune qui n’y connaissait rien et a donc fait plein d erreur se fait licencier au bout de 10 mois et on me demande de témoigner de ces erreurs en plus.

Et j’ai su qu’il avait eu un “pécule” pour partir.

Bref, en novembre 2011, la société décide de faire SIRH et que le logiciel de paye soit automatisé, ce qui était super pour moi mais il a fallut que j’apprenne à m’en servir et former les autres.

J’étais la seule, à avoir ce poste unique de RH “de terrain”, et personne ne savait gérer ce que je faisais, mon logiciel est tombé en panne, j’ai dû alors tout calculer. Imaginez pour une centaine de salaries. Si vous voulez détruire le climat social d’une entreprise, faites des erreurs sur les payes, oubliez de rembourser les notes de frais, de payer les primes…vous verrez le résultat. J’avais encore et toujours cette idée en tête. Même si c’est à la main, débrouille toi pour éviter les erreurs.

La responsable gestion de la paye démissionne à ce moment là car elle n’en pouvait plus donc je me retrouve seule et j’arrive à tout gérer, le poste de RH France, le poste de responsable paye et mon poste.

Whaouh, vous vous rendez compte de la capacité de l’humain à se surpasser et à gérer trois postes à la fois dont celui qui aurait dû lui être attribué. Elle assume même les erreurs de la société et “en bonne poire” excuse moi Aude de l’expression mais je crois me reconnaître souvent dans ton profil alors je me parle aussi à moi même. Et je ne pense pas être la seule à me reconnaître dans la bosseuse acharnée qui fait son max pour les autres. 

On m’a intégré sur une conférence-call avec tous les directeurs, et je me suis dit ils sont en train de me préparer pour que j’ai le poste et on m’annonce qu’il y aura une convention de tous les RH et managers qui pour moi était le graal d’être intégré  dans l’équipe de Direction au sein des RH et managers.

En février 2012, je rencontre le DRH Europe qui au lieu de me voir une heure comme prévu me recevra seulement 20 mns et j’apprends qu’une personne va être recrutée pour le poste de RH France que j’assumais depuis le départ du jeune.

De plus, comme je faisais partie de la conference-Call et qu’on m’intégrait à chaque fois dans le partage d’information “nous allons aux USA pour une grande convention avec les Directeurs de magasin”. Tout ce pourquoi je me suis investi depuis mon objectif chez Pizza Hut. Quelle excitation!

Je reprenais de plus en plus confiance en moi en me disant “ne doute plus de toi”, ils n’ont trouvé personne, je postule alors officiellement pour le poste de RRH France.

Aude malgré le manque de reconnaissance et la surcharge de travail, trouve la force et le courage de continuer et de plus reprends confiance en elle car elle a l’espoir à ce moment là d’avoir le graal dans ses fonctions et d’être reconnue par son travail mais cela va se passer différemment que ce qu’elle attendait …. Dans ces situations de burn out, la personne a un courage et une force de travail incroyable et pour elle cela paraît normal. Ce qui fait qu’elle est capable d’aller à l’extrême de ses capacités.  Mais pour quelle finalité ? 

Le mardi 21 mai , on m’annonce que je ne ferais pas partie de la convention. On me demandait d’expliquer le nouveau logiciel aux nouvelles personnes qui commençaient.

La vie s’acharne et l’accumulation des faits qui se bousculent dans la vie professionnelle d’Aude, comme le poste qu’elle mérite qui ne lui est pas attribuée, la perte de reconnaissance, la demission d’une de ses collègues, le licenciement d’un autre, se former sur un nouveau logiciel, le logiciel principal qui tombe en panne….. Et Aude qui continue à bosser …. Bosser.

Peux tu nous dire quels ont été les signes d’alerte du burn out ?

La prise de poids : Je finissais tard et je mangeais mal, je ne prenais pas le temps de manger le midi, je grignotais. Le sucre était ma drogue

Les pertes de mémoires : au début je n’avais aucun problème a me rappeler des prénoms et à la fin je n’y arrivais pas. Je confondais.

– La concentration : J’étais tout le temps dérangée, cela me demandait beaucoup de concentration.

Le retrait social : je ne prenais plus le temps de déjeuner avec les autres et j’étais isolée dans un bureau et de la direction

L’agressivité et les troubles du sommeil.

– Au niveau physique, cela a commencé par des névralgies puis ensuite j’ai eu des fibromes, un dérèglement biologique du corps humain.

– J’ai eu surtout un pré burn out en Août 2011.

J’ai eu un trou noir en rentrant de vacances car même pendant les vacances, je n’arrivais pas à me reposer, j’étais tellement fatiguée que je n’arrivais pas à récupérer. Je suis allée voir un médecin, j’étais en crise de larmes (un signe aussi qui ne trompe pas) et il m’a dit que j’allais faire un burn out dans 6 mois si je continuait comme cela. J’ai tenu 9 mois grâce à une pilule magique anxiolytique qu’il m’avait donné. J’étais bien avec cela, et je trouvais toujours un moyen de la faire renouveler, j’avais plus d’énergie et plus d’enthousiasme et cela m’a permis de tenir

J’ai tout fait pour avoir des renouvellements de cet anxiolytique.

A chaque fois, il y a des signes d’alerte du corps , de votre physique. Le corps est intelligent, il est essentiel de s’écouter, déculpabiliser, de ne pas se sentir indispensable.

Suite à une surcharge de travail, qaund on se sent très fatigué, il faut se dire que ce n’est pas de sa faute, c’est le contexte qui est responsable et non la personne. Et en comblant avec les anxiolytiques, Aude a pu augmenter encore sa force de travail, cependant est ce une bonne manière de résister ? Car plus on attend, plus le moteur risque d’exploser ….

Quelles ont été les conséquences de cette surcharge de travail ?

La perte de plaisir dans mon travail, l’extrême fatique même en vacances, les addictions comme le tabac (un moyen de faire une pause) et les anxyolitiques. J’arrivais de plus en plus en retard, je n’étais plus motivée.

Quelle a été ta réaction quand tu as su que tu n’avais pas le poste puis que tu n’étais pas conviée à la convention ?

Le 24 mai 2012. Je rentre le soir, je suis éffondrée, je voulais faire une tentative de suicide j’étais arrivée à un tel état de fatigue que j’étais au bout. Mentalement je ressentais un tel état d’épuisement mental que j’ai pris une décision qui manquait de discernemen

Je voulais surtout arrêter de souffrir, et ne pas retourner au travail.

Comme le lendemain, j’avais une anesthésie générale pour mon opération des fibromes , j’ai pris tous les medicaments le matin avant de partir.

Je commençais à être “dans les vapes” puis j’entends comme au loin prononcer le nom “mere” par la personne avec qui je vivais depuis plus de 10 ans. Ce fut pour moi comme un moment de lumière où je me suis dit “tu ne peux pas lui faire cela”, et j’ai donc demandé d’aller aux toilettes et je me suis fait vomir.

C’est très violent, “je veux arrêter de souffrir” et comme le dit si bien Aude, avec l’épuisement, les personnes n’ont plus une vision claire. Se faire accompagner par des professionnels dans ces moments-là est essentiel pour y voir plus clair si vous n’y arrivez pas seule.

Et l’après Burn out , comment cela s’est il passé?

Je faisais un burn out, j’étais en lambeau, j’étais en arrêt et je ne suis jamais revenue au travail.

Qu’as tu ressenti ?

J’ai ressenti une culpabilité extrême de ne pas avoir été à la hauteur, d’avoir laissé le travail en suspens…. de donner de la charge de travail en plus, les salariés qui n’allaient pas être payés.

Au niveau physique, j’avais une fatigue extrême comme si tout retombait d’un coup, Pendant 3 mois je ne faisais plus rien, je dormais. Même parler me prenait de l’énergie.

La culpabilité, une des plus terribles marque de manque d’estime de soi.

Que s’est il passé pendant le burn-out ?

J’ai écrit mon bouquin en 6 jours en novembre 12 (je dis même j’ai vomi mon burn-out) et un mois après, ma soeur jumelle a un acccident et fait elle aussi un burn-out. Je me sentais mal et je decide de rentrer en hôpital psychiatrique.

Je prends la decision de mettre la société en justice.

Je me rapeIle qu’ils ont organisé un rendez-vous en conférence call et je me rappelle être à genoux en leur demandant d’arrêter de me mettre la pression car ils essayaient de me faire revenir sur ma décision surtout sachant que j’allais publié un livre et il me demande d’écrire comme un robot que “je suis d’accord de ne pas les intenter en justice”. A ma sortie, en janvier 2013 de l’hôpital, je décide de les attaquer.

Le PDG lui même qui ne s’intéressait pas à moi avant mais qui m’avait déjà aperçue et l’avocat européen veulent venir me voir chez moi, mais mon conjoint me propose de les voir dans un bar à proximité. Ils ont essayé de négocier. Ils m’ont même demandé d’effacer mon parcours sur mon CV sur les réseaux sociaux, 5 ans de ma vie.

Qu’est-ce que tu as ressenti ?

Cette pression m’a fait retourner en hôpital psychiatrique. Je n’ai pas signé cet accord. J’ai fait un accord à l’amiable, négocié entre mon avocat et le leur, en septembre 13.

Qu’as tu appris de cette expérience Aude?

J’ai appris à poser mes limites, à savoir dire non, à avoir confiance en moi parce qu’aujourd’hui, je sais que j’ai de la valeur. Je n’ai plus besoin de chercher la reconnaissance dans les yeux des autres. Je sais reconnaître les signaux de stress, et quand je sens que le stress monte, je respire

J’ai appris à prendre soin de moi et de m’occuper de moi. (déjeuner avec des amies, faire du sport , prendre du temps rien que pour moi).

Si vous en êtes arrivés ici dans la lecture de l’histoire d’Aude. J’aurais une question à vous poser. Avec du recul, cet article peut vous fait réagir à temps , alors pourquoi ne pas commencer dès aujourd’hui apprendre à prendre soin de vous et exister pour vous. C’est toujours un mal pour un bien et comme la vie nous envoie plein de signaux pour nous alerter quand il est temps d’arrêter de se détruire, de ne pas s’écouter jusqu’à mettre sa vie en danger/ La vie est bien faite et nous envoie des alertes encore faut il savoir les écouter. Mais comme la personne ne voit pas, et continue à se maltraiter et bien la vie vous oblige à stopper (burn-out, accident, maladie, depression …). Le problème, c’est qu’on se prend le mur sans comprendre car on lutte pour y arriver et même Aude pensait que c’était elle le problème.

Apprendre à dire non, un grand sujet qui me passionne. C’est si dur et pourtant essentiel pour se respecter et donc se faire respecter https://www.ktcsuccess.com/oser-dire-non-se-dire-oui-soi/

Quels conseils pourrais tu donner ?

Le conseil serait d’écouter son entourage, les meilleures personnes pour détecter c’est l’entourage et les meilleures personnes pour déculpabiliser ce sont les managers.

Quand mon entourage me disait d’arrêter, c’était trop, je leur disais évidemment : “Tu ne peux pas comprendre mon boulot, j’aime mon travail “

Cela serait à refaire, que ferais-tu différemment ?

Je dirais que le mieux est de savoir dire non mais c’est très très dur. C’est lié à l’estime de soi, savoir dire non est le meilleur jugement sur ses capacités et ce sur quoi on travaille.

Le manque d’estime de soi, mène dans des situations extrêmes telle que celle qu’a vécu Aude. Il est temps parfois de prendre du recul, faire une pause et de commencer par vous féliciter, vous sentir fière de vous pour tout ce que vous accomplissez.

Quelles sont les personnes qui font des burn-out ?

Ce sont des personnes qui sont des acharnées de travail, des gens sur qui on peut compter.

Finalement, on se sent indispensable puis on s’oubie. On en vient par ne pas s’estimer et on devient un objet qu’on utilise.

Comme je l’ai dit dans mon premier livre, “les choses ne changent pas, c’est nous qui changeons. “

Aude merci de ce partage car tu as vécu cela et ce que tu dis est très pertinent, ce n’est pas la faute des autres, nous ne sommes pas des victimes. C’est à nous de prendre nos responsabilités en tant qu’adultes et de respecter en se faisant respecter et pour certaines je sais très très bien que c’est un exercice très difficile mais vitale pour moi.

J’ai remarqué qu’on prend les choses trop à coeur car on se dit.

1/ Cela va s’arranger,

2/ on va forcément m’écouter

3/ ce n’est pas possible qu’on ne puisse pas voir que je fais tout cela

4/ Pourquoi c’est moi qui partirait alors que c’est eux qui font des conneries.

Savoir dire non, c’est une rupture avec la société

Là ou tout le monde dit oui, il faut avoir le courage d’être le saumon qui remonte la rivière (il sait nager à contre courant!). C’est un des moyens d’éviter l’épuisement professionnel. Poser des limites et le faire sans avoir peur. Les gens qui font des burn out, sont dans une spirale qui n’arrête pas et elle ne prenne pas le temps de prendre le recul nécessaire.

En effet, comme l’explique Aude, cela demande du courage de prendre sa place, et d’oser s’affirmer, mais vous en valez vraiment la peine n’est ce pas ?

C’est son propre choix de continuer à souffrir au travail.

Quelle serait la clé , toi, Aude qui a étudié cela après l’avoir vécu ?

La clé de tout cela, c’est de changer son rapport au travail : ne pas prendre les choses trop à Coeur car le travail est souvent un facteur d’épanouisssement. Les difficultés commencent lorsqu’on évolue dans un environnement délétère, qu’on a la personnalité que j’ai décrit plus haut, soit celle de toutes les victimes, l’épuisement est ineluctable.

Dans la société, c’est important d’avoir un statut de travailleur pour exister car dans les 5 premières questions que l’on pose à une personne il y a :” qu’est ce que tu fais dans ta vie , qu’est ce que tu fais de ta vie (question encore plus culpabilisante sous cette forme)” . Qui à envie de dire “rien”? Notre société marginalise les personnes au chômage et personne ne veut être confronté à cela.Ill faut savoir accepter la situation qui fait souffrir sans se metre en danger. Sinon, il faut partir, prendre le risqué de partir pour se sauver. Il faut avoir confiance en soi. Les personnes qui font un burnout doivent comprendre qu’elles sont exceptionnelles. Car il faut l’être pour supporter les lacunes, les erreurs,le manque de soutien, la surcharge de travail, le management défaillant. Elles doivent se regarder en face et réussir à realiser que c’est pas ells-seules les fautives. Il faut même, pour se protéger, se dire que le boulot est alimentaire. Sauf qu’une victime de burnout est exactement à l’inverse de cette façon de penser. Il faut changer son rapport au travail. J’avoue que c’est difficile car pour ces victimes passionnées, il y a un vrai désir de vouloir participer au sens commun grâce à sa performance individuelle.

Il faut savoir être le saumon pour se détacher dela mentalité francaise. Un exemple ? Les salaries “bien-vus” parce qu’ils restent tard. Voilà un salarié engage et motive. C’est tellement idiot. C’est pour vous dire, je milite pour le travail réparti sur 4 jours et 3 jours de repos. Il faut faire confiance, les salariés ne sont pas rentrés dans une entreprise pour la briser, ils sont entrés avec l’envie d’avancer et mais aussi faire avancer la boîte. Faire confiance, c’est donner la liberté d’être soi et donc de créer, d’être productif!.

Comment trouver l’épanouissement au travail ?

Assumer ses choix, de faire ce qu’on aime, de moins travailler ou de travailler à son compte même si son niveau de vie n’est pas le même. Combien de personnes osent maintenant créer leur propre entreprise et faire ce qu’ils aiment mais leur entourage leur dit que c’est une folie, sans salaires pendant un certain temps, prendre autant de risques alors que la personne a le job de ses rêves et pourtant ce sont ces personnes qui osent quitter un système ou un travail qui ne leur convient plus en ayant le courage de faire ce qu’elles aiment, mais en effet, la société, l’environnement n’est pas à leur côté pour les encourager. Bon ok je parle un peu de moi mais je ne suis pas la seule, alors continuons à croire en nous et ne pas lâcher.

Comment es tu sortie du burn-out ?

J’ai mis 18 mois. J’ai fais un travail avec mon médecin traitant, un psychologue du travail pour prendre du recul face à ma psychologie du travail. Et aussi bien sûr grâce à la médicamentation alors que j’étais la première à croire que les gens qui prenaient des medicaments étaient faibles.

Sans oublier le repos total.

Est-ce-que tu peux dire que c’est un mal pour un bien?

Oui, cela a changé ma vie. Je suis heureuse aujourd’hui, je fais ce qui me plait ce qui me fait vibrer, je fais ce que j’ai envie.Je voulais chanter du gospel depuis des années, je n’ai jamais trouvé le temps. Maintenant, oui, je suis chanteuse.

Je sais dire non, donc je prends du temps pour moi

Comment a été ton post Burn-out ?

Le fait de me retrouver seule, sans rien, et sans reconnaissance financière. Ca a été très dur.

Puis un jour, je rencontre lors d’une table ronde un directeur de conférence qui est metteur en scène et me demande de monter mon histoire en pièce de théâtre.

“L’histoire de nelly, voyage au pays du burn out “ auprès des entreprises. https://www.leburnoutparletheatre.com

Je réalise que des projets qui me passionnent comme la conference, le consulting. Mon prochain objectif est de travailler auprès des étudiants.

Et ton livre je crois a fait fureur auprès des médias. Quelles sont les raisons de ce beau succès ?

 

Le premier livre : “Quand le travail vous tue, l’histoire d’un burn-out et de sa guérison”

Ce livre a été nominé à des prix et a été finaliste du prix et du roman d’entreprise en 2014 remise par le ministère du travail et du “toit citoyen du club des comités d’entreprise.

Le deuxième livre : “Burn out avant et après et sa reconstruction” a été aussi été élu meilleur ouvrage du management par un manager. Il fallait passer par là pour vivre ce que je vis aujourd’hui, je n’ai aucun regret, les choses ne se font jamais par hasard.

Je pense que j’étais focalisée, et j’ai suivi ce chemin inconsciemment qui m’ont mené à cela.

C’est une étape de la vie d’Aude qui lui a permis de realiser son rêve et d’écrire un livre. Ce livre qui parlait de manière directe sans être dans l’anonymat. Elle a parlé à Coeur ouvert avec le caractère exceptionnel de la tentative de suicide. Ce livre a permis d’évoquer  cette souffrance au travail afin  et d’alerter de la vie de nombreux salariés dans l’entreprise.

C’est le parcours d’une femme battante avec un potentiel de dingue qui a essayé de rentrer dans le moule pour satisfaire sa direction et l’entreprise. Aude Selly est intervenue dans de nombreuses émissions et débats TV que vous retrouvez sur son site : http://www.mission-rh.com

En mot de la fin, qu’aurais tu envie de faire passer comme message ?

Au final, ce que j’ai envie de dire aux gens : “ayez confiance en vos capacités et soyez bienveillants envers vous-même.”

Je m’étais oubliée, je n’avais plus d’équilibre dans ma vie car il n’y avait que le travail qui comptait et prenait toute la place.

Et j’ai retrouvé un équilibre de vie entre du temps pour mes amies, ma famille, le gospel ….

Pourrais tu dire que tu t’autorises maintenant à faire ce que tu aimes, ?

Je ne travaille pas à temps plein, j’alterne avec mon chômage, je peux rester une journée pour moi à regarder des séries, je vais à la piscine.

Je n’ai plus besoin de reconnaissance, pour moi ma devise c’est devenue “vivre pour vivre”.

Je peux déjeuner avec des amies ce qui me parait incroyable et si plaisant aujourd’hui. Je me rappelle de copines qui passaient au magasin et meproposait de déjeuner avec elle, c’était toujours non. Pour plusieurs raisons, trop de travail mais surtout par empathie avec les managers des zones commerciales. Ils avaient rarement le temps de prendre leur heure de pause, ils étaient sans cesse dérangés par les vendeurs. Je ne me voyais pas traverser le magasin et leur metre en pleine figure la liberté dont je pouvais profiter.

Je m’autorise d’imposer mes limites. Je me rappelle d’une des devises de l’entreprise pour laquelle je travaillais: “ there Is no finish line” : Il n’y a pas de ligne d’arrivée….

Ce qui pour moi signifie : Il n’ ya pas de limites, quelque soit les difficultés, continue jusqu’à lépuisement.

Je peux faire, je fais. Je n’ai pas le temps de faire, je ne fais pas et je le dis, sans culpabiliser. Je ne connais pas un domaine, tant pis, je fais appel si c’est possible.

C’est quand même dingue La vision du manager bienveillant dans certaines entreprises. Parfois, un manager trop gentil n’est pas un bon manager,

J’ai dû licencié une fois un manager qui pour moi était un des meilleurs mais pour la direction était considéré comme quelqu’un de mou.

Que dirais tu de ta mission de vie aujourd’hui après tout ce parcours ?

Ma mission c’est de réveler aux gens que ce sont des personnes exceptionnelles. La valeur des gens, la confiance, l’estime de soi, c’est ce qui permet de dire non,

La clé, c’est l’écoute, je parlais énormément car je n’avais pas l’occasion de parler.

Interviens-tu dans les entreprises en prévention et pour la qualité de vie au travail ?

Je galère pour rentrer dans les entreprises pour faire passer le message. Ils ont peur de dire la vérité.

J’ai fais un débat avec le vice president du Medef. Pour eux, reconnaître le burn out, c’est ouvrir une boîte de pandore et ils ont peur que tous les “fainéants” se mettent en arrêt maladie (j’ai cru bondir de ma chaise). Alors que les gens performants et passionnés par leur travail peuvent bosser jusqu’à épuisement total. Les personnes victimes de burnout ou celles qui sont potentiellement en risque et ne veulent PAS être en arrêt! Elles aiment ce qu’elles font. Elles veulent s’éclater, s’épanouir, courir le matin pour faire leur metier dans les conditions qui leur permettent d’être au top physiquement, mentalement et emotionnellement.

La réelle remise en question des entreprises a encore du chemin à faire. Le marketing santé vit de beaux jours. C’est facile de faire remplir des enquêtes de satisfaction et de se cantonner à cela. Le plus difficile c’est d’être au contact des salaries de tous les métiers, de tous les niveaux et d’entendre vraiment ce qu’ils vivent et ressentent.

Alors que fais-je pour la prevention et la qualité de vie au travail?

J’interviens directement à la source. J’aide ceux qui ont besoin d’être accompagnés pour ne pas sombrer ou qui, malheureusement, sont dans la très difficile épreuve de la reconstruction. Aider les personnes à s’en sortir participe à la prevention. Leur faire comprendre leur cheminement, pour mieux revenir/repartir, participle à la prevention. Pourquoi? Parce qu’ils ont compris ce qui les a fait sombrer, leur comportement, leurs croyances, comme le dit très bien Katia. Avec cette force en eux, avec cette avancée dans la connaisance de soi, ils sauront s’arrêter ou mettre un frein. Si seulement les entreprises pouvaient comprendre qu’un salarié qui revient d’un burnout et qui a fait le travail necessaire est un salarié porteur et protecteur car il sait ce que c’est. Il sait détecter. Ce sont des arrêts maladie longue durée en moins. Il faut se rappeler que les personnes qui s’effondrent sont les personnes piliers. Faire sombrer les bons les uns après les autres, c’est tuer la productivité et la compétitivité saines d’une société.

Mon prochain livre “Renaissance: il y a une vie après un burnout” est destiné certes aux professionnels pour qu’ils prennent la mesure de ce qui necessaire quand un salarié revient en entreprise. Mais il est surtout destiné aux victimes et leur entourage. Oui, quand on a fait un burnout, quand on est au stade de l’incapacité à faire des efforts alors qu’avant on gérait plein de choses en même temps, on peut s’en remettre et avoir une nouvelle vie. Très épanouissante car on l’a choisit, on ne la subit plus. On se sent libre.

Retrouvez le site de Aude Selly sur : http://www.mission-rh.com

Aude a dû aller jusqu’au Burn out pour s’autoriser enfin à vivre ce qu’elle souhaitait faire. C’est à ce moment là, qu’elle a pu  prendre du recul sur sa vie au travail. Si cet article peut faire réagir d’autres personnes avant d’atteindre l’extrême de soi. Je remercie Aude de s’être confiée auprès de nous. Car son histoire peut servir à tant d’autres personnes.

N’hésitez pas à partager cet article, avec vos ami(e)s car il peut aider et faire prendre conscience à une personne qui vit la même chose qu’il est temps de ne plus subir et de faire ses propres choix pour son bien être. 

 

Katia Chanteloup Tarantola

Révélatrice de potentiel

Coach – Conférencière – Formatrice

Accompagnement au changement :

confiance en soi – reconversion

www.ktcsuccess.com

 

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